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eux-mêmes par la connaissance de cette fameuse lettre, qu’elle fut la cause peu de temps après de la rupture du traité d’El-Arich, entre Kléber et le grand-visir Joucef. Par ce traité, signé le 24 janvier, l’évacuation de l’Égypte était consentie et stipulée ; mais nous conservions tout l’honneur de nos armes. Déjà Kléber avait remis au grand-visir les places de Salahiéh, Cathiéh, Belbéis et Damiette, quand il reçut de lord Keith, commandant en chef la flotte anglaise, une lettre qui sommait l’armée de mettre bas les armes, et de se rendre à discrétion. Kléber indigné, distribue dans les rangs cette lettre, et pour toute harangue ne dit que ces paroles : « Soldats ! on ne répond à de telles insolences que par la victoire ; préparez-vous à combattre. »

Toutefois le général, voulant tenter un dernier effort, écrivit au grand-visir, dont le quartier-général était à quatre lieues du Caire, une lettre, dont voici à peu près les termes :