Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/381

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et des cantonnemens ; il vit avec douleur que le plus grand désordre régnait dans toutes les branches du service. Ferme dans la résolution de détruire les abus, il prit des renseignemens sur la fabrication du pain, et sur certaines malversations. Il apprend qu’un M. Martin, agent français à Rosette, a frappé une contribution illicite de 75,000 francs ; il le confond au milieu du divan de Rosette, et le fait fusiller après que la somme totale a été restituée aux habitans.

Il y avait dans l’armée un arriéré de douze millions, et on ne savait comment le combler. La lettre que Kléber écrivit à ce sujet au Directoire exécutif, sous la date du 26 septembre, et où il faisait connaître toute la difficulté de sa position, tomba au pouvoir des Anglais ; ils la rendirent publique, soit pour aigrir davantage Bonaparte et Kléber, qu’ils regardaient comme deux rivaux ; soit pour montrer à l’Europe, et surtout à la France, que notre armée ne pouvait plus tenir en Égypte. Ils en furent si persuadés