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secrétaire, sont les seuls qui auraient pu lever tous les doutes sur ce point d’histoire si obscur, et qui le sera probablement long-temps encore. On a donc été forcé de s’abandonner aux conjectures ; et parmi toutes celles qu’a fait naître cette coïncidence du départ de la croisière anglaise avec celui de Bonaparte, voici, je crois, les plus spécieuses et les plus plausibles. Le grand but des Anglais était d’obtenir de gré ou de force l’évacuation de l’Égypte par notre armée. Aux yeux de Sydney-Smith et de son gouvernement, laisser Bonaparte abandonner l’armée d’Égypte pour la livrer à elle-même, c’était d’abord compromettre Bonaparte auprès de son gouvernement, et placer l’armée dans la nécessité d’abandonner promptement l’Égypte, la défaite d’Aboukir n’empêchant pas l’armée du grand-visir de commencer bientôt ses opérations. Ce fut sur ces données et sur ces calculs qui, à part ce qui regardait Bonaparte, se réalisèrent plus tard, et qui se seraient réalisées plus tôt si les Anglais n’avaient pas eu