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augmenta son armée, ou plutôt son rassemblement, de plus de dix mille hommes encore. La colonne du chef de brigade Lefèvre, partie de Ramaniéh pour combattre l’ange, ne put tenir, et battit en retraite.

Il était temps que le général Lanusse vînt arrêter les progrès de l’imposteur. Ce général, qui avait rassemblé deux mille hommes et une bonne artillerie, se mit en mouvement. Instruit de son approche, l’ange ordonna à son armée de marcher à la rencontre des Français. Le général Lanusse fut attaqué, le 10 mai, entre Ramaniéh et Damanhour. Les Mohdhystes épouvantèrent d’abord nos soldats ; mais l’artillerie et de bonnes pièces de 8 et de 12 soutinrent l’attaque de ces barbares, qui, la plupart, n’avaient pour armes que des lances, des poignards et des bâtons. Ils furent bientôt écrasés par une grêle de mitraille, accompagnée des feux de files les plus vifs, exécutés par le 18e et le 22e légers. Le général Lanusse couvrit de morts trois lieues de pays, et mit tout à feu et à