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eurent une crise salutaire qui les sauva, et que seulement quinze ou dix-huit succombèrent. Il est certain que, parmi ceux qui furent sauvés si miraculeusement, quelques-uns se réfugièrent, après le départ de l’armée, à bord des bâtimens anglais qui croisaient sur la côte, et que là ils racontèrent ce qui s’était passé à Jaffa, et les dangers qu’ils avaient courus. Voilà pourquoi les Anglais furent les premiers à faire connaître à l’Europe les affreux détails, et du massacre des prisonniers turcs à Jaffa, et de l’empoisonnement de nos malades dans la même ville, à notre retour de Saint-Jean-d’Acre. Il est évident que dans l’origine on a grossi et amplifié quelques détails, mais le fond des choses n’est que trop vrai, et dès à présent l’histoire peut les réduire à leur juste valeur.

Comme il avait été impossible de tenir secrète la dernière de ces deux actions, que l’horreur qu’elle avait inspirée s’était manifestée dans l’armée, et que d’un autre côté on savait avec quel noble courage le médecin en