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accompagner du général Berthier, de l’adjudant-général Le Turcq, de l’académicien Monge, et des généraux Menou et Andréossy, qui étaient venus à sa rencontre. Montés sur des dromadaires, ils allèrent visiter la partie orientale du lac Menzaléh, passèrent la nuit près de la bouche du Nil appelée Tanitique par les Grecs, et On-Faredje par les Arabes. Ils revinrent à Katiéh, après le départ de l’armée, en dirigeant leur route par l’emplacement qu’occupait jadis la ville de Péluse. Arrivés aux boues qui ont donné le nom à cette ville, il leur fallut mettre pied à terre et marcher pendant trois heures sur un terrain fangeux et gluant. L’ardeur du soleil était si excessive, et rendait les illusions du mirage si semblable à la réalité, que le général en chef et sa suite furent sur le point de s’égarer. Le phénomène du mirage, dont l’académicien Monge donna l’explication, s’était offert plusieurs fois à nos yeux dans le désert. On ne se fait pas d’idée comme le sentiment de la soif est irrité par ce jeu de lumière qui,