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l’Égypte ; il est essentiel à sa sûreté, et il est indispensable pour agir offensivement contre la Syrie, où un ennemi entreprenant peut toujours organiser des moyens d’attaque. Ce fort d’ailleurs donne de grands avantages à celui qui en est le maître. Non-seulement il assure la jouissance de citernes abondantes en eau douce, très-potable, mais encore il facilite l’établissement des magasins pour les troupes qui auraient à passer d’Égypte en Syrie, ou de Syrie en Égypte. On y laissa des ingénieurs avec des compagnies d’ouvriers, afin d’en perfectionner les ouvrages, et d’augmenter sa force.

C’est lorsqu’on a passé El-Arich vers l’Égypte, qu’on entre dans le désert pur, c’est-à-dire dans les immenses plaines où la vue se perd sur un sable aride, qui, par l’éclat qu’il réfléchit, blesse les yeux, et dont la chaleur brûlante se fait sentir à travers les semelles de souliers les plus épaisses.

Nous avions quarante lieues à parcourir pour arriver à Salahiéh, première terre cul-