Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/315

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tribuer à nos soldats les munitions contenues dans les magasins, à faire sauter les fortifications de la ville, et à continuer la dévastation des villages de la Palestine.

Pendant ce court séjour à Jaffa, le général en chef qui, à la levée du siége de Saint-Jean-d’Acre, avait proposé de faire administrer aux pestiférés et aux malades sans espoir, de l’opium à forte dose, pour mettre fin à leur triste existence, revint sur cette horrible proposition, malgré l’opposition invincible du médecin en chef Desgenettes. Le général en chef prétendait préserver ainsi l’armée de la contagion ; il insista, et, ne pouvant rien obtenir du médecin en chef, il eut alors recours à l’un des pharmaciens de l’armée. Au moment où l’ordonnateur faisait évacuer les malades et les blessés, les uns sur Damiette par mer, les autres par terre sur El-Arich, le bruit se répandit au quartier-général qu’on venait d’empoisonner par humanité quatre ou cinq cents pestiférés, ou malades désespérés, qu’on ne pouvait transporter, et qui auraient été mas-