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On voulut le lendemain entrer en négociation avec Djezzar, sous prétexte d’enterrer les cadavres qui étaient sans sépulture sur le revers des tranchées : ce qui augmentait l’infection et l’intensité de la peste. Mais Djezzar fit d’abord tirer sur le parlementaire qui se présenta de la part du général en chef, et ne consentit enfin à le recevoir que par les instances de Sidney-Smith. Cet officier en tira des informations utiles, qu’il communiqua aussitôt au pacha, qui retint le parlementaire prisonnier.

Le 15 et le 16, l’ennemi, dont l’audace s’était accrue de l’impuissance même de nos efforts, fit deux vigoureuses sorties ; il en profita pour jeter dans la tranchée, et répandre parmi nos troupes, pour les séduire et les entraîner à la défection, une proclamation du grand-visir, imprimée en français, et certifiée par la signature du commodore. Elle commençait par ces mots : « Trois ou quatre brigands sont venus s’emparer de l’Égypte : Bonaparte, Kléber, et Sucy… Soldats !