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l’armée on commença à s’en préserver par les précautions qu’indiquèrent les médecins et les chirurgiens. Nous remarquâmes ce qui a été tant de fois observé, que l’affection morale aggravait la maladie. Heureusement que le mot peste n’effraya pas beaucoup nos soldats, chez qui la sensibilité morale et physique était émoussée par l’habitude de recevoir sans émotion toutes sortes d’impressions diverses ; et sans les revers du siége, il est à croire qu’ils auraient bravé et évité encore davantage les ravages de la contagion.

Un nouvel assaut, tout aussi infructueux que les précédens, acheva de mécontenter et d’irriter l’armée. Ce fut le 10 mai, de très-bonne heure, que le général en chef vint lui-même dans la tranchée donner ses ordres en conséquence. Son intention était de surprendre les assiégés et de se loger en force sur le rempart, qui était en partie détruit. Les éclaireurs des quatre divisions, les grenadiers de la 19e et de la 75e, et les carabiniers, s’élancèrent sur la brèche, conduits par le