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ton que l’ennemi formait des épaulemens. Comme il avait une forte garnison et un grand nombre de travailleurs, il poussait avec activité ses travaux ; aussi en peu de jours parvint-il à flanquer de droite et de gauche toute la tour ; après quoi élevant des cavaliers, il y plaça des pièces de vingt-quatre. Ce fut dans nos tentatives pour enlever, culbuter leurs contre-attaques et leurs batteries, que nous perdîmes le plus de monde. Nous parvînmes à enclouer leurs pièces ; mais jamais il ne nous fut possible de nous maintenir dans les ouvrages de l’ennemi, qui étaient dominés par les murailles et par les tours. Ceux de nos grenadiers prisonniers, et que Sidney-Smith avait préservés du massacre, furent employés par Djezzar à porter des sacs à terre à la brèche. L’un d’eux se jetant au bas du rempart, tomba si heureusement, que, prenant aussitôt la fuite, il vint rejoindre le camp français. Les matières embrasées dont il est question dans la relation officielle du siége étaient des vases pleins de résine et de