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Aussitôt des cris de victoire se font entendre ; nous nous croyons déjà maîtres de Saint-Jean-d’Acre ; mais nos grenadiers se trouvent tout-à-coup arrêtés par une seconde enceinte pratiquée derrière l’ancienne, et qui n’avait pas été prévue. Tandis que nos braves s’efforcent de franchir ce nouvel obstacle, les Turcs, postés dans les débris des bastions et des ouvrages, engagent un feu vif de mousqueterie, et, filant dans le fossé, prenant la brèche à revers, par une sortie formidable, arrêtent l’escalade et l’impulsion des troupes qui marchaient pour soutenir nos grenadiers. Quoiqu’isolés, et n’ayant plus d’espoir d’être soutenus, ceux-ci s’efforcent d’escalader la seconde enceinte ; mais le feu dirigé des maisons, des rues, des barricades et du sérail même de Djezzar, les prend en face et à revers ; le général Rambeau et plusieurs de ses braves compagnons avaient déjà succombé ; le reste ne se voyant pas soutenu, marche sur une mosquée, s’en empare, s’y barricade, et se défend contre les