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logèrent un moment dans la tour ; mais il n’y eut pas moyen de s’y maintenir ; nous essuyâmes une perte considérable, le colonel Royer fut tué. Le 7 mai, un convoi fut signalé. Nous crûmes d’abord que c’était un secours que nous envoyait le Directoire ; mais bientôt on eut la certitude que c’était, au contraire, un renfort qui arrivait aux assiégés. En conséquence le général en chef se hâta d’ordonner les préparatifs d’un sixième assaut, avant le débarquement du renfort. On fit jouer une pièce de vingt-quatre, et on renversa un pan de muraille à la droite de la tour. Le général en chef vint lui-même reconnaître si la brèche était praticable. Persuadé qu’on peut déboucher dans la place, il ordonne au général Lannes de conduire sa division à l’assaut. L’intrépide général marche aussitôt, précédé de ses éclaireurs et de ses grenadiers conduits par le général Rambeau. Ceux-ci se précipitent au pas de charge, se jettent dans les boyaux, escaladent les remparts, et assiégent la tour et la brèche.