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les fusiller. On conduisit le lendemain tous ces malheureux dans une vallée sur le bord de la mer, et des bataillons firent feu dessus. En voyant la mort inévitable, les victimes se jetaient sur nos soldats, et tordaient leurs baïonnettes.

La prise de Jaffa nous donna deux cent cinquante blessés, tant la défense avait été d’abord acharnée sur les remparts. Ce fut dans ses murs qu’à la suite du sac de la ville, la peste se déclara. On prit d’abord toutes les précautions pour éviter les communications avec les malades, et se préserver de la contagion. Toute l’armée bivouaqua ou fut campée hors de la ville, et recommandation fut faite au soldat de ne point se vêtir des habillemens turcs. On cacha d’ailleurs avec le plus grand soin que la peste s’était déclarée à l’hôpital des blessés, afin de ne point ébranler le moral du soldat.

Le général en chef, sans s’inquiéter des mouvemens hostiles des Naplousins, auxquels il opposait la division Kléber, voulut mar-