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Turcs et de mameloucks rangés en bataille. Le général en chef fit aussitôt former chacune des divisions en carré, et notre cavalerie se mit en manœuvre avec six pièces de canons pour commencer l’attaque ; mais les Turcs et les mameloucks battirent aussitôt en retraite, abandonnant la ville de Gaza, dont une députation vint offrir les clefs au général en chef ; ce qui la préserva du pillage. L’armée traversa la ville pour aller à la poursuite des mameloucks, et ne s’arrêta qu’à une lieue au-delà ; elle prit position sur les hauteurs qui la dominent. Nous trouvâmes des magasins de vivres à Gaza, et l’on peut dire que c’est ce qui sauva l’armée ; car depuis trois jours nos soldats ne mangeaient que du chameau, nos convois étant en retard, de même que la flottille de Damiette, qui avait été contrariée par le gros temps. Gaza, célèbre dans l’antiquité, n’est plus qu’une bourgade composée de trois villages peuplés d’un peu plus de 3000 âmes. Son château, situé sur une colline, sépare le premier village des deux autres. La ville, qui