Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/269

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


indiquant la séparation de l’Afrique d’avec l’Asie, près lesquelles on trouve un grand puits rempli d’eau douce, où nous nous désaltérâmes. Nous venions de faire soixante lieues dans un désert brûlant et aride ; aussi quelle fut notre joie quand nous aperçûmes les belles et riches campagnes de la Palestine et les sommets de ses montagnes boisées. Nous arrivâmes à Kanyounes, premier village de la Syrie, que les mameloucks et les Turcs venaient d’abandonner pour se replier sur Gaza ; nous y trouvâmes des vivres et quelques rafraîchissemens. Le lendemain, quand nous nous mîmes en marche, une pluie abondante vint rafraîchir l’air ; nos soldats se dépouillaient de leurs vêtemens pour se rafraîchir et se purifier par cette ondée bienfaisante ; ils continuèrent gaîment leur marche, quoique la route fût pénible et difficile à cause des rivières et des torrens qu’il fallait traverser.

Vers deux heures, nous aperçûmes sur les hauteurs en avant de Gaza un corps de