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l’ennemi en force, c’est-à-dire les Turcs et les mameloucks, qui s’y étaient ralliés après le combat d’El-Arich. Le général en chef n’avait que ses guides à cheval et un détachement du corps des dromadaires ; il s’arrêta pour donner le temps au quartier-général de rebrousser dans le désert. Quant à lui sa fortune le protégea visiblement ; les mameloucks prirent son escorte pour l’avant-garde de l’armée, et rebroussèrent eux-mêmes sur la route de Gaza. Ce fut à Santon, où avait rétrogradé le quartier-général, que Kléber, après avoir erré si long-temps dans le désert, nous rejoignit, et successivement les autres divisions. Les troupes, épuisées par la soif, la faim et la marche, étaient découragées ; mais quand le général en chef parut dans leurs rangs, monté sur son dromadaire, et qu’elles le virent partager leurs privations et leurs fatigues, elles furent ranimées et continuèrent leur marche avec plus de fermeté et de constance. Le 24 février, nous aperçûmes les portes de la Syrie. Ce sont deux colonnes de granit,