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en chef ordonna qu’on augmentât les fortifications, et qu’on fît d’El-Arich une place d’armes. L’armée resta encore campée pendant quatre jours devant ce fort, soit pour que nos troupes eussent le temps de se remettre de leurs fatigues, soit qu’il fallût pourvoir aux convois et au service de l’armée.

Le général en chef ayant donné le commandement de l’avant-garde à Kléber, ce général se mit en marche le 22 février avec sa division et une partie de la cavalerie, commandée par le général Murat. Kléber devait arriver le soir au premier village de la Palestine, sur le chemin qui conduit à Jaffa ; mais son guide l’ayant égaré, il erra dans le désert pendant quarante-huit heures sans eau, et accablé de chaleur et de soif ; il fit fusiller son guide. Le général en chef, après avoir mis deux autres divisions en mouvement, et persuadé que Kléber était arrivé à sa destination, partit le 23 avec le quartier-général, et se dirigea sur le village, où il croyait trouver Kléber. Quelle fut notre surprise d’y apercevoir