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siller ces coquins-là par les créneaux feraient un bon effet. » Les grenadiers, ayant entendu ces paroles, y furent sans être commandés. Pour aller plus vite en besogne, le général en chef fit marcher de front les négociations et l’attaque. Le général Berthier somma Ibrahim-Aga, qui commandait la garnison composée d’Arnautes et de Maugrebins. Deux fois la négociation fut suspendue et reprise ; enfin, le 19 février au soir, Ibrahim signa une capitulation, portant que la garnison sortirait pour se rendre par le désert à Bagdad, à condition de ne plus servir dans l’armée de Djezzar avant un an révolu. Le lendemain nous occupâmes le fort évacué. Les Maugrebins, ne voulant point se rendre à Bagdad, prirent service dans notre armée, au nombre de trois ou quatre cents. La pluie n’avait pas discontinué pendant le séjour de l’armée devant le fort, qu’on eut de la peine à désinfecter avant d’y établir nos troupes. Nous n’y trouvâmes que pour un jour ou deux de vivres. Le général