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dans le même désert, éprouvant l’extrême différence de la température de la nuit d’avec celle du jour. Le froid était si vif la nuit, que pour nous reposer nous ne trouvâmes d’autres moyens que de faire de grands tas de ces ossemens et d’y mettre le feu. Nous arrivâmes le 27 à Suez, après avoir traversé une plaine immense et aride, où nous ne découvrîmes qu’un seul arbre à notre deuxième station ; c’était un if d’un aspect lugubre. Suez ne répond plus à son ancienne célébrité. Le général en chef, après l’avoir reconnu, visita le port et la côte qui l’avoisinent ; il désigna lui-même les lieux des nouvelles fortifications. Voulant ensuite passer en Asie, et visiter ce que les Arabes appellent les sources de Moïse, et reconnaître la rive orientale de la mer Rouge, il nous fit traverser cette mer devant Suez par un gué qui n’est praticable qu’à marée basse, ce qui nous fit éviter un contour de huit lieues dans des déserts fatigans. Des Arabes montés sur des dromadaires nous précédaient et nous ser-