Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/234

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


égyptien) ; puis, qu’ayant fait placer à ses côtés le mufti Suleiman, et les imans Mohamed et Ibrahim, il avait eu avec eux une espèce d’entretien mystique qu’on a fait imprimer et publier à Paris, dans le Moniteur.

Tout cela est une pure fiction ; le 11 août 1798, le général en chef, comme on l’a vu, était près de Salahiéh, à la poursuite d’Ibrahim-Bey.

Ce ne fut que le 14 juillet suivant, après l’expédition de Syrie, que Bonaparte, instruit du mouvement rétrograde de Mourad-Bey, partit du Caire avec ses guides et différentes troupes, et se rendit aux pyramides, où il se réunit au général Murat, chargé aussi alors de la poursuite de Mourad. J’ai entendu dire qu’il ne monta point à la pyramide de Chéops, parce que sa culotte de nankin se déchira. Ce fut là qu’il reçut une lettre d’Alexandrie annonçant qu’une flotte turque de cent voiles mouillait devant Aboukir.