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dont la poésie n’est pas merveilleuse, mais que je reproduis comme un essai de notre muse française dépaysée sur les bords du Nil.

Air : Je suis Lindor.

Consolez-vous, aimable Cléopâtre,
Quand votre amant délaisse vos appas ;
Il court sans vous dans d’autres climats :
Faut-il encor que votre cœur l’idolâtre ?

Un cœur jaloux des dons de la victoire,
Ne peut long-temps brûler du même amour ;
Votre héros l’éprouve sans détour ;
Il n’est constant qu’à l’amour de la gloire.

De vos beaux yeux essuyez donc les larmes.
Pour ne plus craindre un semblable tourment,
Rendez heureux un moins illustre amant
Qui sache mieux apprécier vos charmes.

Dans tous les temps le danger fut extrême
Pour la beauté d’aimer trop un héros :
L’ingrat Thésée abandonne Naxos,
Et fait périr Ariane qu’il aime.