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cet officier ayant passé, je crois, d’une arme à une autre. Quoi qu’il en soit, madame F*** était une petite femme d’une vingtaine d’années, gentille, rondelette, spirituelle ; elle n’était pas dépourvue d’une certaine éducation ni d’amabilité, quoiqu’elle eût été d’abord couturière. Très-attachée à son mari, elle avait bravé les dangers et toutes les privations pour le suivre à la faveur d’un déguisement dans une expédition lointaine et périlleuse. Aussi le mari et la femme étaient-ils cités comme offrant le modèle de la plus tendre union. Leur destinée semblait être de jouir long-temps du bonheur le plus doux, le bonheur domestique. Il en fut autrement. Par l’effet d’une imprudence cette heureuse union vint se briser devant l’écueil le plus redoutable. À la suite d’une revue générale des troupes que passa le général en chef avec le plus grand appareil militaire, on lança sur la place El-Békir un aérostat qui étonna beaucoup les Égyptiens. La journée se termina par une fête, un grand feu d’artifice, et