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berté ou la mort ! À la faveur de ce coup de théâtre, la princesse paraît au milieu des soldats armés, offrant l’écharpe tricolore à l’empereur, et lui conseillant de la ceindre. L’empereur hésite, il se rend enfin, jetant et brisant son diadème et son sceptre. Ce fut à l’une de ces représentations que les grâces et les beaux grands yeux de Mlle Thérèse Campini firent la conquête du conquérant de l’Italie. Cette intrigue, alimentée par beaucoup d’argent et des cadeaux magnifiques, dura plus d’un mois.

À Mlle Campini succéda la fille d’un pelletier du midi, qui avait épousé un certain Caula, patriote piémontais, pendu en effigie, et qui, réfugié en France, disait assez gaîment : « J’avais bien froid le jour que je fus pendu. » Ce jour-là il passait le mont Cenis pour venir se jeter dans les bras de la république-mère. À l’époque de la première invasion de Bonaparte, il se rendit à Milan avec sa femme, qui plut un instant au général. On la vit à Turin portant le portrait du héros