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cocarde tricolore ; il prescrivit aux fonctionnaires l’écharpe tricolore, et fit arborer le pavillon national sur tous les établissemens publics. Il ordonna en outre la formation d’une garde nationale, composée de tous les employés, de tous les individus attachés à l’armée, et en général de tous les Européens qui résidaient au Caire. La ville offrit désormais l’apparence de la plus complète soumission. L’industrie française s’y fit apercevoir ; on leva des ateliers, on ouvrit des boutiques, et un grand nombre de Français industrieux adoucirent les privations de l’armée. Il y eut des cafés et des restaurateurs à la française ; mais le vin était toujours d’une rareté excessive ; on n’en avait que ce qui échappait à la vigilance de la croisière anglaise. On imagina aussi de transporter dans la capitale de l’Égypte le simulacre du Tivoli de Paris, avec ses jardins, ses illuminations, ses billards, ses salles de jeu, qu’on établit à grands frais dans le palais d’un bey fugitif. Mais il fut impossible d’y organiser