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bataillons avaient pris les armes, et la fusillade s’était engagée dans presque toutes les rues. Cent cinquante Français avaient déjà péri, et rien ne semblait pouvoir calmer le peuple. Pressés par nos troupes, les insurgés, au nombre de 15,000, venaient de se retrancher dans la grande mosquée d’El-Hazar, espérant rallier à eux les habitans qui n’avaient pris encore aucun parti. Le général en chef, averti à Gizéh que la populace s’était assemblée dans les mosquées avec des armes à feu, des piques, des bâtons et des lances, et que partout on égorgeait les négocians français et les soldats isolés, accourut avec des renforts, et ordonna sur-le-champ aux principaux de la ville de se rendre près de lui. On vint lui dire qu’ils cherchaient à ramener le peuple à la soumission, et que leur présence était nécessaire au divan. Sur ce refus, faisant prendre les armes aux troupes qu’il avait rassemblées, il fait cerner la grande mosquée et le quartier qui l’entoure. Des batteries sont dressées dans la nuit. Le lendemain le bombardement com-