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entièrement pillées par la populace, après la défaite des mameloucks. On fit emprisonner la femme d’Osmand-Bey, et on l’imposa durement à 10,000 talaris, sous prétexte qu’elle avait continué d’avoir des intelligences avec le camp de Mourad-Bey.

Les exactions n’allant point assez vite, un cophte promit à M. Poussielgue, notre administrateur-général, de lui indiquer toutes les maisons et jardins des mameloucks, ainsi que toutes les cachettes de mobiliers. On promit au cophte le vingtième de ce qu’il ferait découvrir. Toutes ces causes d’irritation agirent sur les Égyptiens.

Depuis notre prise de possession du Caire, les partisans des Turcs et des mameloucks, et ceux de leurs agens qui étaient restés dans la ville, épiaient l’occasion de pousser les habitans à la sédition. Notre appareil militaire les contenait, et il ne fallut rien moins que le double mobile du fanatisme et de l’intérêt pour soulever la population de cette immense capitale. Le général en chef y avait rassem-