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vation, ou plutôt ce privilége, déplut aux Turcs.

Mais ce qui les irritait le plus c’étaient les vexations. On avait du blé, du riz, des légumes en abondance ; mais l’argent manquait et on s’en procurait de toutes manières. Une foule d’intrigans, Juifs, cophtes, Grecs et Européens, que nous trouvâmes au Caire, et qui y étaient venus pour offrir aux beys leur expérience dans l’art de piller et de vexer les peuples, devinrent nos agens, et nous firent détester par de nouvelles et criantes déprédations. Les propriétés des mameloucks ne pouvaient suffire à notre cupidité ; c’était de l’or qu’on voulait tout de suite. On donnait des sauve-gardes aux femmes des beys restées au Caire, mais on les leur faisait payer. La femme de Mourad-Bey fut imposée plusieurs fois, et en dernier lieu à 8000 talaris ; la femme d’Hussein-Chaïm fut imposée à 4000 talaris. On n’épargna pas la femme de Soliman-Bey, qui était très-riche, et dont la maison au Caire avait été une des premières