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îles comprend, outre les femmes et les enfans, onze cents hommes occupés à la pêche et à la chasse des oiseaux.

Les pêcheurs de Matariéh paraissent former une classe particulière : comme ils interdisaient la pêche du lac à leurs voisins, ils avaient avec eux peu de communication. Presque toujours nus, dans l’eau, et livrés à des travaux pénibles, ils sont forts, vigoureux et déterminés ; avec de belles formes ils ont un air sauvage ; leur peau brûlée par le soleil, une barbe noire et dure, rendent cet air plus sauvage encore. Lorsqu’ils se trouvent en présence de leurs ennemis, ils frappent sur une sorte de tambourin, sur le pont de leurs bateaux, sur tout ce qui peut faire du bruit, et poussent mille cris barbares, avec l’accent de la fureur. Ils étaient sous l’autorité de quarante chefs, et ceux-ci dépendaient d’Hassan-Toubar, qui avait la pêche du lac sous la redevance qu’il faisait aux beys d’Égypte. Diverses populations d’Arabes pouvaient se rendre dans le canal