Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/170

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des biens-fonds aussi considérables que ceux qu’il possédait. Il s’était érigé en protecteur de son canton, ce qui lui avait attiré la confiance générale. Les mameloucks avaient plusieurs fois tenté de s’emparer de sa personne, comme étant un obstacle à leurs vexations ; mais il avait toujours résisté avec avantage. Mourad-Bey le redoutait et le ménageait. Depuis notre arrivée en Égypte, il avait fait passer ses richesses à Damas, ainsi que sa femme et sa famille, et il annonçait que si les troupes françaises s’établissaient dans son canton, et qu’il ne pût y résister, il partirait aussi pour la Syrie. L’ascendant qu’il exerçait sur le pays le rendait si recommandable et si puissant, que les généraux chargés du commandement à Mansourah et à Damiette étaient d’avis d’attirer Hassan-Toubar, par tous les moyens possibles, dans les intérêts des Français. « Je suis sûr, mandait de Damiette le général Vial, qu’alors toute incursion d’Arabes cesserait, et qu’on jouirait de la plus grande tranquillité. » Le général en chef, dont la politique