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J’y fus envoyé vers la fin d’août, avec une mission, et je trouvai à Damanhour l’adjudant-général Bribes, qui s’y maintenait, malgré les efforts des Arabes et des fellahs. Ils s’étaient réunis pour nous combattre, à la suite du premier échec qu’avait éprouvé le général Félix Du Muy, vers la fin de juillet. Ce général, attaqué à l’improviste à Damanhour, avait été obligé de rentrer à Alexandrie avec sa colonne ; mais le général Kléber venait de prendre des mesures convenables pour dissiper les rassemblemens d’Arabes, protéger l’arrivage des subsistances, et éclairer cette partie des environs d’Alexandrie. Là tout était dans le plus grand ordre, malgré la pénurie extrême qu’on y éprouvait de toute chose. Il n’y avait pas un sol. La douane, qui rapportait 50,000 écus par mois, avant notre invasion, ne rapportait plus rien depuis que les Anglais bloquaient le port.

M. Poussielgue avait laissé à Alexandrie M. Baude, chargé de réaliser 185,000 francs,