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de nous tirer du mauvais pas où nous étions engagés. Déjà il avait repoussé Ibrahim-Bey dans le désert, tandis que Desaix contenait et repoussait dans la haute Égypte Mourad-Bey, encore plus redoutable qu’Ibrahim. On croyait généralement dans l’armée, qu’une fois maîtres de toute l’Égypte, nous pourrions nous y maintenir pour peu que le Directoire nous envoyât des secours pendant l’hiver, époque où la croisière n’était plus tenable.

L’Égypte et la Syrie, disait-on, sont deux contrées qui, par leur climat, la bonté de leur sol et leur fertilité, peuvent devenir le grenier du commerce de la France, son magasin d’abondance, et par la suite des temps l’entrepôt de son commerce des Indes. Après nous être emparés des deux pays, après nous y être organisés, nous pourrons jeter nos vues plus loin, et, par la suite, détruire le commerce anglais dans les Indes, l’utiliser à notre profit, et nous rendre maîtres du commerce même de l’Asie et de l’Afrique.