Page:Beauchamp - Mémoires secrets et inédits pour servir à l’histoire contemporaine, tome 1.djvu/143

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


trerait pas, pourquoi ne pas retourner à Toulon ou à Corfou, ou bien tenir la mer prêt à recevoir l’ennemi ? Puisqu’on était assuré qu’il était dans la Méditerranée, on devait s’attendre à être attaqué ; et c’était positivement ce qu’il fallait éviter.

La vérité est qu’on pouvait faire entrer l’escadre dans le port vieux ; et qu’en supposant qu’on craignît de toucher, on pouvait user des moyens connus : établir des balises avec des bâtimens démâtés, et mouiller sur chaque côté de la passe. Avec ces précautions, le vaisseau gouvernant mal serait, par son choc entre les balises, rentré d’autant plus sûrement dans sa véritable route, que le vent était constamment favorable à cette opération. D’ailleurs, pourquoi cette offre d’un grade supérieur à l’officier qui se chargerait de l’entrée de l’escadre dans le port d’Alexandrie ? Ou elle était praticable, ou elle ne l’était pas. Dans le premier cas, les chefs devaient l’exécuter, et ils sont coupables de ne l’avoir pas fait. Dans le second cas, pourquoi