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Détail du combat naval d’Aboukir, entre l’escadre française aux ordres de l’amiral Brueys, et l’escadre anglaise aux ordres de l’amiral Nelson.

La vérité est une ; un marin ne peut ni ne doit la taire : je la dirai toute, malgré l’intérêt qu’avaient certains hommes de laisser enveloppé d’un voile épais le combat naval d’Aboukir, dont les résultats désastreux sont l’ouvrage de la lâcheté, de l’impéritie des chefs, et peut-être de la trahison.

La flotte française aux ordres du vice-amiral Brueys, des contre-amiraux Blanquet-Duchayla, Villeneuve, et Decrest, partit de Toulon le 19 mai, et arriva le premier de juillet devant Alexandrie. Sur l’avis qui fut donné que l’escadre anglaise s’y était présentée deux jours avant, et qu’on avait insinué aux Turcs que les Français venaient dans l’intention de faire une descente en Égypte, le vice-amiral Brueys fit signal de