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çâmes avec impétuosité ; les mameloucks, évitant notre choc, revinrent bientôt sur leurs pas et nous chargèrent à leur tour. Les hussards et les chasseurs soutinrent l’attaque. Les mameloucks s’éparpillèrent autour de nos escadrons pour les envelopper ; la mêlée devint alors terrible et sanglante ; nous étions perdus, si le général en chef n’eût pas envoyé les dragons et ses propres guides à notre secours. Les mameloucks cédèrent alors le terrain et rejoignirent le convoi, qui avait pressé sa marche dans le désert. Ainsi nous ne pûmes remplir notre projet, et nous perdîmes plusieurs braves. Nous eûmes une cinquantaine de blessés et une vingtaine d’hommes de tués. Les blessés furent pansés sur le sable et transportés ensuite dans la mosquée de Saléhiéh. Presque toutes les blessures étaient faites par l’arme blanche : ce fut dans cet engagement que nous reconnûmes pour la première fois les terribles effets des damas dont les mameloucks sont armés : plusieurs de nos blessés eurent les membres