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Les Arabes-Bédouins forment la caste prépondérante dans ces contrées. Leurs camps sont tendus à côté des villages de l’Égypte. Ces Arabes nous parurent plus opulens et moins sauvages que ceux que nous avions aperçus précédemment le long des rives du Nil. Il est vrai qu’ils trafiquent avec le produit de leurs troupeaux ; qu’ils rançonnent ou escortent les caravanes ; que plusieurs même cultivent la terre : mais la branche la plus lucrative de leur revenu est toujours le pillage de tout ce qui est hors de l’arrondissement de leur tribu. Leurs cabanes nous parurent moins basses que les tentes où s’accroupissent les Arabes de Damanhour. Leurs parois sont d’un fort tissu de joncs, et leurs tentes toujours spacieuses ne couvrent que le milieu. Dans l’intérieur règne une sorte d’abondance relative ; le riz, le lait, l’orge n’y sont pas rares ; les ustensiles y sont nombreux, et souvent on y trouve enfouis des ballots précieux enlevés à des voyageurs imprudens.