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avance, plus l’Égypte est ombragée ; on distingue à peine les villages au milieu d’énormes amas de dattiers. Les beaux sycomores ne sont pas rares, et presque partout l’on rencontre de vastes enclos remplis d’acacias et de citronniers ; mais ni la verdure, ni les fleurs, ni les ruisseaux, n’égaient leurs alentours, et l’aspect d’une hideuse pauvreté les entoure.

Mais si, d’un côté, l’œil se réjouit des signes d’une végétation forte, de l’autre la réflexion détruit cette impression fugitive, car on voit en même temps le contour du désert empiéter sur les bonnes terres ; on aperçoit sur les coteaux nus des coupoles, des maisons abandonnées ; on rencontre à chaque pas les traces de la culture presque effacées par le sable, tandis qu’on chercherait en vain une seule partie de la terre aride rendue au labourage.

D’Elmargue nous aperçûmes au loin Elhanka qui passe pour un des plus gros bourgs du pays. Entre ces deux villages est un bois touffu ; il couronne le sommet d’un plateau