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Nassr. Le désert fut le premier objet qui frappa notre vue ; ses limites arides viennent ceindre les murailles de la ville après avoir encombré une partie de ses faubourgs. Des groupes de maisons désertes se dessinent au milieu de cette plaine blanchâtre ; on y remarque la Coubbé, qui veut dire coupole : c’est une mosquée entourée d’édifices réguliers bâtis en pierres, et avec des galeries. À une lieue de la Coubbé, nous rencontrâmes le village d’Elmatarié. On y voit un obélisque regardé comme une des ruines de l’ancienne Héliopolis ; au-delà on aperçoit, entouré d’arbres, le village d’Elmargue ; plusieurs milliers de palmiers plantés en quinconces, ombragent ces huttes délabrées : cette route est celle que suivent les caravanes pour se rendre en Syrie. Elle semble tracer la limite entre l’Égypte et le désert ; elle nous étonna par ses sites bizarres. On a toujours les sables sur sa droite, et les terres cultivées sur sa gauche, de sorte que la vue se perd sur les uns, et s’arrête sur les autres : plus on