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avec eux ; il en est de même entre les hommes, quoiqu’ils se voient souvent, qu’ils soient complaisans et très-familiers entre eux ; les personnes d’une même famille ne mangent jamais chez une autre.

Leur manière de vivre est très-dure. Ils vivent d’un pain très-noir cuit sur le crottin de leurs chameaux. Leur eau, contenue pendant long-temps dans des sacs de peaux de boucs exposés toujours au soleil, est très-puante. Ils trempent leur pain dans une espèce d’huile qui exhale aussi une très-mauvaise odeur. Ils font des échanges de marchandises ou autres objets d’utilités générales, et ont peu besoin d’argent.

Chaque famille habite seule une même tente ; elle est commandée par un chef ; c’est lui qui fait la guerre ; mais tout ce qui est pris appartient à celui qui a fait la capture ; l’homme même fait prisonnier peut être vendu par celui qui s’en est rendu maître sans que d’autres puissent avoir rien à y prétendre. En général ils ont pour habitude de dévaliser sans tuer, à