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source ; mais l’eau y est d’ordinaire peu abondante ; elle est d’ailleurs saumâtre, exhalant presque toujours une odeur alcaline. Il y a aussi dans le désert des bas-fonds où les eaux séjournent et s’écoulent plus ou moins long-temps. Autour des mares naissent des broussailles d’un pied ou un pied et demi de hauteur. C’est la partie pittoresque des déserts. Ces broussailles servent de nourriture aux chameaux. On trouve également dans le désert une grande quantité d’ossemens d’hommes et d’animaux dont les Arabes se servent pour faire du feu ; enfin on y voit assez souvent des gazelles et des troupeaux d’autruches qu’on prendrait de loin pour des Arabes à cheval. Quels que soient les inconvéniens de la marche dans ces sables mouvans, on est forcé de les traverser souvent pour communiquer du sud au nord de l’Égypte, pour passer de l’Égypte en Syrie ; on triplerait la distance si l’on suivait toujours les sinuosités du cours du Nil.

On conçoit que ces déserts ne puissent