Page:Bazalgette - Camille Lemonnier, 1904.djvu/13

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.





Camille Lemonnier




Il est impossible d’apparaître plus intégralement l’homme de son œuvre que ne l’est Camille Lemonnier.

Regardez l’homme. De stature imposante, largement râblé, de puissante encolure, l’être physique tout entier respire la force et la sensualité. Une santé copieuse émane de cet organisme où la nature s’est montrée prodigue. Le visage est surtout révélateur. La tête est massive, la chevelure d’un blond ardent, la carnation révélatrice d’un sang riche, les sourcils épais. Le cou, le front, les narines — point caractéristique de son visage, mobiles, sans cesse éveillées, aspirantes, avides — et les yeux, surtout en un certain roulement des prunelles qui lui est familier, concourent à déterminer l’expression de grande animalité humaine de sa physionomie. Au repos son visage, empreint de cette gravité, de ce profond sérieux si frappant parmi les faunes, — qui semblent ainsi refléter la gravité de la nature ignorante des facéties, des tics dérisoires et des grimaces décadentes où se complait