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LE CURÉ LABELLE

vous serez amplement dédommagés des sacrifices consentis par les résultats obtenus, qui vous étonneront.

— Nous voudrions bien faire ce que vous dites, mais le Sud s’y oppose, il arrête et paralyse tout élan des ministres.

— Ah ! vraiment ! reprenait le curé, le Sud est aussi exigeant ! Il oublie donc que jusqu’ici il a tout reçu et le Nord presque rien ? Faites bien attention : quand le Sud reçoit, le Nord n’en profite pas, tandis que quand le Nord prospère, sa richesse se fait sentir au Sud qui devient le chemin nécessaire au transit de la nouvelle province.

Après avoir plaidé, il supplia, fut repoussé, fit antichambre et vint à bout de lasser la patience des ministres. L’un d’eux dit au député de Terrebonne dont Saint-Jérôme est le chef-lieu :

— Vous devriez bien nous indiquer un moyen de nous débarrasser de votre curé, il devient encombrant.

— Je n’en connais qu’un seul, répondit le député. S’il vous ennuie, accordez-lui ce qu’il demande, autrement vous n’en serez jamais délivré.

Vraiment le curé de Saint-Jérôme avait qualité pour insister, car son œuvre marchait à grands pas : il avait déjà décidé près de trois mille colons à s’établir dans les fertiles vallées des quatre affluents de l’Outaouais. Il était parvenu à démontrer que son embranchement de Saint-Jérôme,