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Page:Baudelaire - L'Art romantique 1869.djvu/134

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beauté ou de curiosité, en conserve dans sa mémoire une espèce d’image consolatrice.

C’est samedi 23 avril, et dimanche 24, qu’a lieu l’exposition de la collection de M. Eugène Piot, fondateur du journal le Cabinet de l’Amateur. Les collections très-bien faites portant un caractère de sérieux et de sincérité sont rares. Celle-ci, bien connue de tous les vrais amateurs, est le résultat de l’écrémage, le résidu suprême de plusieurs collections formées déjà par M. Piot lui-même. J’ai rarement vu un choix de bronzes aussi intéressant au double point de vue de l’art et de l’histoire. Bronzes italiens de la Renaissance ; sculptures en terre cuite ; terres émaillées ; Michel-Ange, Donatello, Jean de Bologne, Luca Della Robbia ; faïences de différentes fabriques, toutes de premier ordre, particulièrement les hispano-arabes ; vases orientaux de bronze, ciselés, gravés et repoussés ; tapis et étoffes de style asiatique ; quelques tableaux parmi lesquels une tête de sainte Élisabeth, par Raphaël, peinte sur toile à la détrempe ; deux délicieux portraits, par Rosalba ; un dessin de Michel-Ange, et de curieux dessins de M. Meissonier, d’après les plus précieuses armures du Musée d’artillerie ; miniatures vénitiennes, miniatures de manuscrits ; marbres antiques, marbres grecs, marbres de la Renaissance ; poterie et verrerie antiques ; enfin, trois cent soixante médailles de la Renaissance de différents pays, formant tout un dictionnaire historique en bronze, tel est, à peu près, le sommaire de ce merveilleux catalogue ; telles étaient les richesses analysées ou plutôt