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aussi le portrait d’Ernest Deproge qui fut conseiller, « comme pour attester qu’il y prend encore part, à la façon d’un grand aîné aux conseils avisés et expérimentés, au sein d’une Assemblée de famille[1]. »

L’on voit, dans le cabinet du Maire, la photographie du « projet de la ville à construire au cul de sac de la Martinique avec la contrescarpe du Fort Royal », projet dressé par l’ingénieur Decombe et visé le 15 décembre 1681 par Blénac.

À l’Hôtel de Ville a été annexé en 1912 un théâtre où 800 spectateurs environ peuvent trouver place.

Avant l’édifice actuel, le terrain était occupé par une très ancienne construction qui a servi de Mairie en dernier lieu, et, antérieurement, par le Collège Saint-Victor et ensuite par l’hospice de Charité ou hospice civil dont il est fait mention dans deux plans des 1er mai 1826 et 1er décembre 1847[2]. On y accédait par une allée de tamariniers et les constructions étaient plus éloignées de la rue Amiral de Gueydon que le bâtiment actuel.

La grande salle de cet hospice a servi d’église provisoire de 1841 à 1854.

Un service funèbre y a été célébré le 14 avril 1848 pour les victimes de la révolution de février, « dans notre église provisoire, dans ce lieu d’exil où depuis 10 ans, la place des invalides est occupée par l’autel de Dieu[3] ».

C’est aussi là que, le 27 mai 1848, la foule se rendit, après avoir planté l’arbre de la Liberté où elle a été bénie une seconde fois par le curé, l’abbé Morel[3].

Le 15 juin 1848, après la grand’Messe, l’arbre de la Fraternité a été déposé et béni à la porte de cette salle avant d’être planté[3].

  1. Discours de M. Joseph Saint-Félix, Maire adjoint de Fort-de-France, à l’inauguration du monument Deproge le 12 juillet 1925.
  2. Arch. ministère colonies, n° 680 et 1130.
  3. a, b et c J. O. Martinique, 15 avril, 27 mai et 17 juin 1848.