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Deux escaliers conduisent au premier étage, dans le foyer où triomphe seule la statue de la Liberté de A. Carrier Belleuse, de 1879.

L’artiste a représenté une Liberté qui, après avoir brisé les fers d’un esclave, étend victorieusement les bras et montre au monde les fragments des liens rompus. « Sa figure rayonne d’une beauté auguste et sa bouche clame avec force les temps nouveaux… L’homme demi-nu, dont les muscles saillent vivants, sous le bronze des bras, des jambes et de la poitrine, lève vers elle, un visage bouleversé… mais où brillent des yeux remplis d’une tendresse et d’une reconnaissance infinies. Le groupe est admirable de la déesse qui libère, et de l’esclave qui se dresse timidement n’osant encore croire à son bonheur. L’artiste a mis dans ce double mouvement une fougue telle que l’on croit voir animés les personnages, et après, l’oreille surprise, note l’absence du cri qui sort de la bouche ouverte ».

Sur le socle sont gravés, sur une plaque de cuivre, les termes mêmes du décret d’abolition, et les noms des signataires de ce décret, membres du gouvernement provisoire de 1848 : Dupont de l’Eure, Lamartine, Armand Marrast, Garnier Pagès, Albert, Marie, Ledru Rollin, Flocon, Crémieux, Louis Blanc et Arago. Sept de ces noms ont été donnés à des rues de Fort-de-France.

À côté de ces lignes un cartouche en cuivre présente le profil austère de Schœlcher.

Dans cette pièce, un médaillon de Mlle Jouvray, reproduit les traits d’Antoine Siger, ancien Maire, qui y a perdu la vie le 29 avril 1908 dans l’exercice de ses fonctions.

À droite, le salon ou salle des mariages. On y voit un buste en bronze de Schœlcher par F. Bogino, des tableaux de Ménardeau et un écrin contenant un faisceau tricolore, ouvrage de broderie qui fut offert pendant l’exil à Schœlcher par les dames anglaises de Jersey.

À gauche, une salle où l’on voit le portrait de Victor Schœlcher par Descostiers. Dans cette salle qui est affectée aux délibérations du Conseil municipal, l’on a placé