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Fort Royal dit le Petit Gouvernement, elle y était chargée des réceptions et préludait à ses hautes destinées. Un de ses caprices était de danser les mains et les bras nus, car elle avait les plus beaux du monde, ce qui donna bien souvent à lui appliquer, comme par une sorte de prédiction, les vers de Racine :

« Et de si belles mains
Semblaient demander l’empire des humains[1] »

Il est certain, au contraire, que « le jeune vicomte de Beauharnais après son mariage vint seul à la Martinique pour y connaître la famille de sa femme et aussi pour tâcher de s’employer à la suite du marquis de Bouillé dans la guerre qui se faisait alors pour l’indépendance des colonies anglaises[2]. » Il écrivît, du reste, de Fort Royal, à Joséphine le 30 janvier 1783, une lettre reproduite dans « le mariage de Beauharnais » de M. Jean Hanoteau, page 149, et dont l’original est aux archives de Leuchtemberg.

L’architecte de l’édifice actuel a été M. Henri Pick.

À droite, avant l’entrée, un obusier portant le millésime de 1627 qui était à pointage variable et mobile sur roues. Cet ouvrage original et unique aujourd’hui a été repêché aux Saintes par l’Amiral Grasset qui l’a transporté à la Martinique. Le Gouverneur, M. Camille Guy, en fit la remise le 2 mars 1917 à la Société des Souvenirs historiques pour le Musée qu’elle se propose de créer.

Les premiers livres de la Bibliothèque, au nombre de 9.534, en faible partie sauvés lors de l’incendie de 1890, ont été donnés à la Martinique par Victor Schœlcher en 1883, dix ans avant sa mort.

L’Établissement possède aujourd’hui plus de 11.000 volumes.

  1. Études statistiques et historiques sur la population de la Martinique, 1830
    par Rufz de Lavison, tome. 2, folio 314. — Citation de M. Louis Baudza
    dans « La Formation de l’Armée coloniale », page 375.
  2. Histoire de Joséphine par M. Aubenas. Moniteur de la Martinique, 9 septembre 1858.