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la Ville pour exécuter les termes de la capitulation. Là, le général anglais, Ch. Grey, les attendait. Lorsqu’il aperçut ce petit nombre de braves à qui les traces de fatigue et les blessures imprimaient encore un air plus martial, il demanda à l’officier où était le reste de la garnison, que ce qu’il voyait n’était sans doute qu’un avant-garde. En apprenant que c’était là cette poignée d’hommes qui avait tenu si longtemps contre les nombreux régiments anglais qui n’avaient pas osé livrer un assaut à la forteresse, il en eut presque honte[1] ».

Plus de 100 des cadavres trouvés sous les décombres, du 11 janvier 1839, jour du tremblement de terre qui détruisit la Ville, au 23 du même mois, avaient été déposés sur la Savane ainsi transformée en « amphithéâtre en plein vent ».

Nombreuses sont les cérémonies et les fêtes qui ont eu lieu à la Savane.

C’est là que, le 29 septembre 1789, « les habitants du Fort-Royal arborèrent le premier drapeau tricolore et, dans un élan de viril enthousiasme, contraignirent le gouverneur comte de Vioménil à saluer l’emblème de la Révolution naissante[2] ».

Le 15 juin 1848, l’arbre de la Fraternité a été planté sur la place du Carénage[3] où Perrinon prononça un discours. Le cortège se rendit ensuite sur la place d’armes où eut lieu une grande revue par le commissaire général.

C’est là aussi qu’eut lieu la fête de la Constitution pendant laquelle lecture solennelle de la Constitution du 4 novembre 1848 a été donnée au peuple par le contre-amiral Bruat, gouverneur, le 17 décembre 1848, sur une plateforme disposée au pied d’un autel où le préfet apostolique a célébré la messe en plein air.

L’Empire y a été solennellement proclamé le 9 janvier 1853 par le gouverneur, l’amiral Vaillant.

  1. Histoire de la Martinique., par Sidney Daney, tome 5, page 399.
  2. Discours de M. Sévère le 21 septembre 1901, (Moniteur de la Martinique du 27 septembre 1901).
  3. J. O. Martinique du 17 juin 1848.