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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/96

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féliciter le maître. Elle va vous faire part de sa décision.


BLONDEL, (presque avec terreur.)

Non, non, je vous en supplie… Je ne vais jamais oser lui parler, je suis timide comme un enfant. Pas un mot de cela… pour l’instant ! Occupons-nous de féliciter celui que nous aimons de tout notre cœur et qui devrait nous en vouloir de nous occuper d’un autre que de lui-même.

(Entrent trois élèves. Edwige se dissimule derrière eux. Ils parlent ensemble.)

LES TROIS ÉLÈVES.

Confirmé ! ça y est !… Bravo, Monsieur Bouguet… Permettez-moi de vous féliciter et de vous exprimer toute ma satisfaction… On est là dans la cour. Tout le monde voudrait vous faire une ovation.


BOUGUET.

Mes amis, il y a quelqu’un auquel nous devons penser en ce moment, c’est ce littérateur de génie, c’est Hernert qui a tenu, sans raison valable, à s’effacer devant moi.


UN ÉLÈVE, (entrant.)

Le télégramme à votre adresse est parti. La nouvelle sera ce soir dans tous les journaux.

(Tumulte.)

TRONCHET.

Et ce n’est pas à dédaigner, après tout, deux cent mille francs !


BOUGUET, (réclamant le silence.)

Eh bien, j’entends que ces deux cent mille francs soient répartis ainsi : un tiers à l’Institut Claude-Bernard ; un tiers à ma chère femme… et un tiers à Blondel.


BLONDEL, (suffoqué.)

Mon ami, je refuse.