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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/64

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BOUGUET.

Ce n’est pas cela… Il se passe ici quelque chose d’anormal. Tu n’entends pas le ton de ma femme ?

(Elle va à lui, essaie de lui baiser les mains.)

EDWIGE, (éperdûment.)

Maître, mon bon maître, ne m’abandonnez pas !


BOUGUET, (se dégageant.)

Laisse. Il se passe quelque chose d’anormal et de décisif évidemment… Je ne sais pas d’où vient le coup, mais on a jasé. Ta situation est précaire, Edwige, très précaire… Demain, elle ne sera plus tenable. Tout le monde, ici, t’accuse d’être ma maîtresse.


EDWIGE.

Qui, mais qui ?… Dans la maison, ici, personne ne m’a fait la moindre allusion, jamais.


BOUGUET.

Et Marcelle ?


EDWIGE.

Marcelle moins qu’une autre ! Pourquoi ?


BOUGUET.

Parce que… pèse mes paroles… c’est Marcelle qui réclame ton départ et nous accuse… elle qui a fait partager son soupçon à ma femme !…


EDWIGE.

C’est donc ça ? Je ne comprenais pas !… Tout s’éclaire !…


BOUGUET.

Et c’est intolérable… Cela passe en gravité ce que je pouvais redouter. Le repos de ma femme avant tout… Sa quiétude et notre chère intimité dominent toute question. Il n’y a pas à se faire