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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 9, 1922.djvu/54

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notre amour ! Ce ne serait pas la peine d’être la compagne de tes idées, ni une scientifique plus élevée que ne le sont les bourgeoises vulgaires, pour ne pas donner leur exacte valeur à des gestes secondaires… Et puis, tu es un homme !… Les femmes ont toujours, tu le sais, du mysticisme, du fanatisme qui limite leur champ de conscience… toi, pas : ta force a quelque chose de vraiment terrien, et parce que tu es plus profondément enraciné… qui sait ?… Sois sincère, à cette minute… je l’exige de toi… Oh ! je ne récriminerai pas en ce cas… je n’entrerai pas dans des détails oiseux… Si tu as eu avec Edwige une aventure que j’ignore, eh bien, devant un état de choses nouveau, nous chercherions à deux une solution très nette, et avec de la volonté nous y parviendrons. Ce serait très simple, tu verrais, très simple… On l’éloignerait sans avoir l’air de rien… on lui chercherait une situation sortable en dehors d’ici. (Elle s’arrête gênée.) Eh bien, voyons… aide-moi… parle, parle !


BOUGUET.

Ma bonne amie, tu m’as demandé de me taire, je me suis tu résolument !… Et que veux-tu que je réponde, d’ailleurs.. Je demeure abasourdi… abasourdi est le mot !…


MADAME BOUGUET.

Ce n’est pas vrai, alors ?… ma supposition était absurde ?…


BOUGUET.

Mais elle frise la folie, simplement ! Plaisanteries de carabins entre eux… sur le patron. Ce sont des blagues d’étudiants. Qui a pu te faire douter… et à quel propos, d’abord ?


MADAME BOUGUET.

Ah ! c’est qu’aussi, Laurent, à certaines heures